L'histoire de Mélusine 

La rencontre

Écoutez l'histoire du chevalier Raymondin, ce qui lui arriva un soir d'automne.

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C'est parce qu'il suivait une bête que Raymondin s'est perdu. Il a d'abord vu ses traces dans la boue et les feuilles mortes, il s'est penché le long du cou de sa monture, pour les reconnaitre : des empruntes de sanglier !
Un jeune mâle, robuste et rapide. Le chevalier l'a pisté tout le jour, il a emprunté cent passages, sauté les cours d'eau, a tourné mille fois et le soir ne s'est pas retrouvé.

Raymondin est fatigué, il descend de son cheval, le tient par la bride, et reprend son chemin. Tout se ressert autour d'eux, le soleil se couche et les arbres semblent se refermer pour la nuit. C'est le silence maintenant.

"LÉON!!!!!!!!!!" Ce cri, quel effroi !

C'est l'affollement, le cheval se cabre, explose et s'arrache du point de Raymondin, il s'échappe et disparaît. Raymondin se trouve seul, à pied, perdu. Il maudit ce cri, qu'il connait bien, celui du Paon, le chevalier aux milles yeux, il maudit son cheval qui l'abandonne.

"Ha ! Quelle infortune ! Je suis un triste chevalier de pied, mon épée se traine." se lamente Raymondin. Il n'est pas fier de lui et n'entend pas tout de suite les rires et les bruits d'eau. Les oiseaux chantent de nouveau.

"Qu'est-ce que c'est ! Je rêve maintenant" s'étonne Raymondin. Il a devant lui ces fumées blanches, peut-être de la brume. Il y a comme une faille dans le sol, et c'est de là que jaillissent des eaux chaudes. Mais le plus merveilleux, ce sont ces étranges demoiselles, qui tournent et virevoltent. Elles jouent en farandole et étincellent dans leurs robes simples et blanches. Leurs cheveux sont rouges comme l'automne.

"J'ai la fièvre maintenant" s'inquiète Raymondin. Des gouttes de sueur perlent sur ses tempes, ses jambes faiblissent, sa vue se brouille. Le chevalier ne voit qu'elle, une femme, seule au milieu de toutes. La jeune femme ne joue pas, elle brosse doucement ses longs cheveux. Sa peau est si claire que l'on devinne par endroits le sang qui bat dans les veines. Elle lève les yeux et croise le regard de Raymondin.

"Je vous salue Madame, et suis bien heureux de vous trouver là" dit-il en posant un genoux à terre. "je suis raymondin, seigneur de Lusignan".

"Mon beau seigneur, je suis dame Mélusine, et voyez mes suivantes.

C'est un soir de novembre et pourtant tout semble baigné de lumière, des parfums de coucou et d'ortie nous font croire au printemps. Raymondin et Mélusine se donnent ce soir là leur cœur et leur vie, l'histoire le contera...